Avant-propos sur « les normes du numérique »

Alexandre Saint-Jevin

Tout au long des cinq derniers numéros de la revue Réel-Virtuel, les différents auteurs ont fait émerger, dans leurs disciplines respectives, la question de l’existence de normes du numérique. À contre-pied de la tendance à penser le numérique en terme d’utopie ou de dystopie, ce sixième numéro de la revue Réel-Virtuel interrogera les processus et dispositifs de normalisation du numérique.

Directeur de la revue Réel-Virtuel : enjeux du numérique, Alexandre Saint-Jevin est docteur en psychanalyse, psychologue clinicien et professeur d’arts plastiques dans le secondaire et dans le supérieur. Chercheur en psychologie du numérique, ses travaux croisent psychanalyse, esthétique, arts plastiques et cultural studies.

Des normes de la machine aux normes du numérique
Des normes aux utopies, et inversement
Le Web design : accessibilité et normalisation
Pathologies du numérique : le hors-norme
La numérisation de l’art : vers une normativité ?
La performativité numérique ou cybertroubles du genre

« L’homme n’est vraiment sain que lorsqu’il est capable de plusieurs normes, lorsqu’il est plus que normal. » [1]

Tout au long des cinq derniers numéros de la revue Réel-Virtuel, les différents auteurs ont fait émerger, dans leurs disciplines respectives, la question de l’existence de normes du numérique. À contre-pied de la tendance à penser le numérique en terme d’utopie ou de dystopie, ce sixième numéro de la revue Réel-Virtuel interroge les processus et dispositifs de normalisation du numérique.

Au XXe siècle, le mathématicien Henri Poincaré écrivait :

« L’expérience nous guide dans ce choix des étalons qu’elle ne nous impose pas. […] Ces règles ne s’imposent pas à nous, on pourrait s’amuser à en inventer d’autres […] nous les choisissons non parce qu’elles sont vraies, mais parce qu’elles sont les plus commodes. En d’autres termes toutes ces règles, toutes ces définitions ne sont que le fruit d’un opportunisme inconscient. » [2]

Si tout étalon est une question de convention, on peut alors se demander s’il n’est pas possible que l’institution de normes ne vient pas répondre à certaines nécessités privées d’un groupe dominant. En effet, si c’est une convention, le groupe les décidant ne risque-t-il pas de choisir les étalons qui servent ses intérêts privés ? Si elle est une convention, son choix peut-il être neutre ? Si cela est possible, est-il toujours neutre ?

Des normes de la machine aux normes du numérique

Dans son sens étymologique [3] la « norme » renvoie à la mesure, en tant qu’instrument de mesure. Au cours des siècles, elle va progressivement prendre le sens d’une règle en tant qu’habituelle et régulière. La norme n’est pas chose de singularité mais renvoie au général, voire au généralisable. Elle est aussi une moyenne statistique. C’est le plus grand nombre ou un type idéal, qui devient ce à quoi l’on doit se référer, ou encore une convention, en définissant par exemple les usages de la langue. En tant qu’archétype, elle est définie comme le modèle idéal, posé comme absolu et non relative aux pratiques, usages ou manières de faire de la réalité concrète. D’après, le philosophe Georges Canguilhem qui s’est largement intéressé à la question de la norme à travers la conception de la santé par les sciences (notamment au rapport entre santé et pathologie), dans les sciences de la vie, la norme devrait être ce qui est institué par le vivant lui-même. En effet, comme il le démontre dans son texte Le normal et le pathologique, le normal n’a pas de sens propre et absolu, c’est une construction :

« On peut donc conclure ici que le terme de ‹ normal › n’a aucun sens proprement absolu ou essentiel. Nous avons proposé, dans un travail antérieur que ni le vivant, ni le milieu ne peuvent être dits normaux si on les considère séparément, mais seulement dans leur relation. […] Dans la mesure où le vivant anormal se révèlera ultérieurement un mutant d’abord toléré, puis envahissant, l’exception deviendra la règle au sens statistique du mot. » [4]

Si l’on déplace, sans doute de manière abusive, cette conception au numérique, les normes du numérique se devraient de suivre l’autonomie du vivant, de s’adapter en permanence au vivant. Mais que se passe-t-il si c’est le numérique qui dicte au vivant ses normes? À la manière dont l’ordinateur Vulcain 3 fabrique ses propres marteaux afin de contrôler, en les assassinants, les êtres vivants de la société, plus exactements « les masses », pour qu’ils répondent aux exigences d’une société stable, conforme à la raison et contrôlée, dans le roman Les marteaux de Vulcain de l’auteur de science-fiction américain Philippe Kindred Dick [5]. Nous proposons d’aller plus loin et de poser la question de la norme du vivant instituée par le numérique, non pas seulement au sens sociétale, mais au sens des formes biologiques, physiologiques, physico-psychiques mêmes.

Le terme de norme est attesté dès le XIIe siècle dans l’expression « mettre norme à… » signifiant « régler une affaire » [6]. En d’autres termes, mettre une norme permettrait de mettre fin à un problème. De plus, dans la Volonté de savoir, le philosophe Michel Foucault fait de la norme une mesure servant à juger ce qui est conforme à la règle, et qui serait donc plus souple que la loi. Pour autant, nous pouvons nous demander si cette souplesse n’est pas seulement superficielle, autrement dit si la norme ne serait pas plus pernicieuse [7], par une sorte d’invisibilité des sources de sa force coercitive. D’ailleurs, la chercheuse en histoire Patricia Falguière explique que le développement au XIXe de la standardisation industrielle va engendrer une prolifération des normes. Si bien qu’elle définit la norme comme un énoncé performatif légitime dans un milieu technique. Plus une norme est invisible plus elle est efficace. D’après elle, c’est le changement qui fait prendre conscience des normes.

« La norme est un énoncé performatif qui définit et prescrit à la fois son objet. Elle s’inscrit dans un réseau de normes qui l’active : une norme, un standard ‹ n’avance jamais seul ›, il s’inscrit dans ce qu’on pourrait nommer une ‹ chaîne normative › au terme d’une succession d’étapes, de procédures d’accréditation longues et complexes – à ce prix, leur emprise sur le monde, sur notre vie dans ce qu’elle a de plus quotidien, est sans limite. » [8]

La norme serait donc une injonction ayant une action. Elle ne se limite pas à un plan descriptif des choses. Elle agit sur elles. D’après Falguière, la norme ne pourrait pas se comprendre de manière isolée car elle s’inscrit dans une chaîne d’énoncés performatifs qui viennent définir et prescrire les choses, leurs usages, les manières d’être, les relations, etc. Si bien que les normes renvoie nécessairement à des questions politiques et bien évidemment économique. D’ailleurs, Falguière ajoute :

« En 1985 le Conseil de l’Europe change d’outil de gouvernement : il remplace la directive par la norme. Depuis cette date, la norme est l’instrument privilégié de la construction du marché unique européen. » [9]

La norme ne serait donc pas de fait. Elle se construirait au cours du temps, notamment au niveau des objets techniques où elle se développera plus particulièrement avec le machinisme, la fabrication en série. Parler de normes du numérique est, avant tout, une réflexion sur le gabarit, la standardisation, l’uniformisation, etc, permettant qu’il y ait du numérique, mais bien évident sur les enjeux politiques, sociologiques, psychologiques, économiques, etc., de ces normes.

Des normes aux utopies, et inversement

De nombreux auteurs, de différentes disciplines, ont tenté de scander les utopies à l’œuvre dans la conception du numérique, que ce soit le village globale, le technotribalisme, le technoboudhisme, etc., étudiant alors la manière dont ces utopies venaient remettre en questions les normes de l’époque. En même temps ne vont-elles pas créer de nouvelles normes? Ces normes seraient alors produites par la réinterprétation numérique de ces conceptions. La question est alors est-ce ces utopies qui viennent normer le numérique ou le numérique vient-il donner des normes à ses utopies ?

Dans ses utopies le numérique, notamment le Web, est majoritairement considéré comme libérateur des normes, comme émancipation des normes, par les possibilités d’être autre à soi-même soit dans un univers numérique, comme les mondes persistants, soit par la communication, le printemps arabe. Ces changements viennent-ils dépasser les normes ou simplement déplacer vers d’autres normes ? N’est-ce pas le destin funeste de toute insurrection contre les normes de produire dans son enregistrement une nouvelle forme de norme? Posant alors la question : qui sont les nouveaux laissés pour compte de ces nouvelles formes ?

La dimension fictive des utopies normaliserait le numérique. La question est alors de savoir si les fictions sur le numérique viendraient normer le numérique. Cela, par exemple, en prenant en compte les figures sombres (dark) que sont les dystopies. Serait-ce tant les particularités du numérique qui rendraient possible des normes de la fiction dystopiques, ou les dystopies qui viendraient limiter les possibilités du numérique ? Ici se pose la question de l’éthique et des normes visant à limiter les possibilités du numérique, en ce qu’il aurait une puissance destructive.

Le Web design : accessibilité et normalisation

Il ne s’agit pas seulement d’interroger les possibilités de production qu’offrent les appareils numériques, c’est-à-dire la manière dont les possibilités offertes aux utilisateurs et concepteurs vont déterminer ce qui leur est possible de faire, mais aussi les règles à respecter pour que leur production soit diffusée dans le numérique, à la manière des guidelines, (l’application étant refusée si elle n’y correspond pas). Les normes recoupent par exemple des enjeux liés à l’ergonomie, au eye tracking, aux heatmaps, etc. Elles ne sont pas seulement présentes dans le design graphique mais aussi dans le code lui-même, avec ASCII et ses normes d’encodage, UTF-8, etc.

Au niveau de la recherche en design, les chercheurs Anthony Masure et Émeline Brûlé, alors même qu’ils proposent de déconstruire les normes pour tenter d’y échapper, émettent leur crainte que cela ne soit pas possible.

« En effet, le réseau des normes tend à se stabiliser et à se capitaliser dans tous les domaines, entraînant des empilements de textes que plus personne ne peut comprendre dans leur globalité. Ce tissu de normes serait-il devenu tellement solidaire que nous ne saurions plus penser sans être liés à une chaîne dont les extrémités nous échappent chaque jour un peu plus ? » [10]

Ainsi, dans une époque où la dominance de l’expérience utilisateur de l’interface intuitive, dans sa dimension démagogique, enjoint à faire disparaître les codes sources, les processus opérants…, comment les personnes pourraient-elles s’approprier les chaînes des normes ?

En effet, l’accessibilité à la technologie, soit à un public néophyte, ne crée-t-elle pas des normes, comme avec les CMS ? N’a-t-elle pas une dimension démagogique qui vient conférer aux starts up un pouvoir politique remettant en question l’hégémonie des gouvernements ? La connaissance technique viendrait alors conférer une légitimité qui dépasse les frontières de ses compétences, et contraint les politiques nécessitant ces compétences. En effet, le philosophe Friedrich Nietzsche au XIXe siècle expliquait que la recherche de la plus grande efficacité, notamment au niveau du langage, engendrerait par sa visée du commun, non plus un commun en tant que partage, mais en tant que grégaire, médiocre, semblable. Cette visée d’efficacité, de simplicité dans la quotidienneté une simplicité, engendre un progressus in simile.

Ainsi, il en vient à dire :

« Il faut une prodigieuse force adverse pour contrecarrer ce naturel, trop naturel progressus in simile, qui cantone l’existence humaine dans le semblable, le grégaire, le médiocre, le commun. » [11]

En ce sens, les normes qui produisent du commun, du médiocre, du grégaire, etc., seraient vulgaires. La question que nous pouvons nous poser est celle de la limite entre l’accessibilité et la démagogie du numérique. Quand les normes de l’accessibilité deviennent-elles vulgaires au sens de Nietzsche ? Cette démagogie ne vient-elle pas être, par un design d’interface centré utilisateur intuitif au code inaccessible et non modifiable, voire incompréhensible, une nouvelle forme, ou peut-être une résurgence d’une forme ancienne, de progressus in simile ?

Pathologies du numérique : le hors-norme

À travers ces enjeux d’ingénierie et de design, la norme en constituant ce qui est normal, soit dans la norme, va du même coup différencier ce qui ne peut pas lui correspondre, ce qui est aberrant. En posant ses propres normes le numérique poserait ainsi ses propres pathologies, son propre hors-norme. Quel est alors ce hors-norme ? Les normes renvoient aussi à une question d’uniformisation. Quelles normes ? Les normes des usagers, les normes des interfaces, les normes des us et coutumes à avoir sur le Net : existe-t-il des façons de faire, de dire, d’être présent sur le Net ?

La norme est un concept essentiel de la psychologie sociale et les travaux du psychologue turc Muzafer Şerif [12], considéré comme l’un des fondateurs de la psychologie sociale expérimentale, de 1936 ont montré qu’il existe trois types de normes : celles qui reflètent une convergence vers une réponse moyenne, celles qui correspondent à une convergence vers la réponse d’un individu et celles qui correspondent à une réponse différente des réponses individuelles. Ces trois types de normes ont amené à penser que le groupe n’est pas le résultat d’une sommation des individualités, les normes du groupe ne sont pas la somme des normes des individus de ce dernier. L’expérience de Shérif montre que la norme permettrait de dissiper l’incertitude, les estimations des autres personnes donnent un cadre de comparaison de ses propres estimations, de respecter la tendance centrale (comme l’expliquent les travaux de Montmollin (1965,1966) et de Flament (1958)), le sujet est sensible à la distribution des estimations proposées par les autres, d’éviter le conflit (comme le montre l’analyse de l’expérience par Allport (1962)), l’élaboration d’une réponse commune permet d’éviter les conflits dus aux différences, d’ailleurs Moscovici (1985) montre que la convergence vers une opinion commune n’est pas tant une question de véracité ou d’exactitude que de négociation tacite en fonction de concessions devant être les plus équivalentes et réciproques possibles. En d’autres termes, se pose la question de l’application de ces conceptions des normes pour le numérique. Si la norme n’est pas la sommation des normes des individus, quel est le type de norme formée par le “groupe” [13] des usagers, des utilisateurs, des promeneurs, etc., ? Si l’on prend en compte l’expérimentation de Şerif (au fondement de la conceptualisation de ces trois processus de formation des normes), il est nécessaire de comprendre que l’outil technique n’avait pas la même présence dans la formation du groupe. Ainsi, la technicité d’Internet et des appareils de donation de sa phénoménalité ont-ils une influence sur la formation des normes de « ce groupe » ? La question de l’institution de la norme au sens psychologique interroge des questions techniques, de pouvoir et d’économie. En effet, si un individu ou un groupe d’individus détiennent un pouvoir sur un ou plusieurs aspects techniques d’Internet, ce groupe ne va-t-il engendrer une convergence des individus vers sa ou ses conceptions? Se pose aussi la question de ce que serait la convergence des différents individus vers une réponse moyenne, et surtout des moyens techniques, juridiques et économiques qui la permettraient.

De plus, le hors-norme n’est pas seulement ce qui n’est pas normal mais ce qui est pathologique. Le normal s’opposerait au pathologique. Il y a alors deux possibilités de penser le numérique : soit le numérique viendrait produire des nouvelles formes de pathologie en écartant l’homme de la réalité; soit le numérique créerait de nouvelles formes de normes psychiques, si bien que des façons d’être considérées comme non pathologiques hors du numérique deviendraient pathologiques dans le numérique.

Se jouent ici les conséquences de l’appareillage numérique. Les appareils ne viennent-ils pas permettre de penser le fonctionnement du psychisme, et en ce sens ne viennent-ils pas normer notre modélisation du psychisme ? La psychologie grâce aux appareils de mesure de l’activité neuronale pourrait-elle émettre des règles et des normes, faisant alors de ce qui n’est pas numériquement saisissable un hors-norme, un pathologique ? La technophobie n’est plus alors à envisager seulement comme une critique de la technologie en soi. Elle devient une objection à la production de normes scientifiques de la technologie sous la forme de la technoscience.

La numérisation de l’art : vers une normativité ?

Les artistes utilisant les arts numériques créent-ils pour autant une esthétique? Existerait-il des critères esthétique définissant une oeuvre comme numérique ? Les pionniers de l’art numérique, qui hybridaient les différents médias, n’ont-ils pas posé des normes, notamment à travers la question de la multimédialité ? Ne viennent-ils pas aussi interroger les catégories esthétiques des interfaces numériques en révélant la potentialité plastique et surtout le sens des bugs, de l’hybridation, etc. ? Et paradoxalement, en questionnant les normes des interfaces, produire des normes de ce que serait un art numérique ? Ou, si l’on conclut à une impossibilité des normes de l’art numérique, ne vient-on pas poser une norme extrinsèque par la convention selon laquelle ce qui fait appel au numérique serait de l’art numérique ? Ne vient-il pas, en s’introduisant dans le processus de création, modifier ce dernier : soit en le limitant à ce qui est traduisible en langage machine, soit en démultipliant les hybridations possibles, en altérant les limites des catégories artistiques (des médiums, des supports, etc.) ?

La performativité numérique ou cybertroubles du genre

Le transgenre, le cyborg, le numérique permettraient-ils de remettre en question les normes du genre, ou le changement d’identité remet-il en question les normes ? Cela permet-il d’éprouver les limites des normes, de les remettre en question, voire de dépasser les normes ? Ces démultiplications des identités, par les réseaux sociaux, ou les avatars dans les jeux vidéo peuvent permettre de performer la dichotomie des genres mais aussi réaffirmer les stéréotypes, voire dériver vers le sexysme. Les sites de rencontre proposant des formulaires d’inscription, en proposant des choix de genre, ne viennent-ils pas participer à la construction des genres, et même à l’orientation sexuelle des individus en les catégorisant ? Lorsque des applications comme Siri, censées lancer les commandes d’appel ou d’information pour l’individu, ne faisaient rien pour une femme violée, cela affirme une idéologie, une norme culturelle encodée dans les logiciels. La polémique sur les émojis ne proposant que des personnages de types caucasiens vient relancer la norme de ce à quoi doivent s’identifier les usagers (lorsqu’on envoie d’un téléphone à un autre un personnage noir, c’est-à-dire une sous-case de l’unicode, il prend la case principale, le personnage blanc). Le numérique peut-il permettre un multiculturalisme ou imposer une uniformisation ?

Remerciements
Tous mes remerciements vont à Anthony Masure pour sa participation à l’écriture de ce texte.

  1. [1] G. Canguilhem, « Le normal et le pathologique » [1951], dans : La connaissance de la vie, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin, 2009, p. 215.
  2. [2] Cité par Patricia Falguière, dans : « L’empire des normes », Bordeaux, Rosa B, 2010, [En ligne], http://goo.gl/hrtzUL
  3. [3] Du latin norma, lui-même une traduction du grec gnomon, c’est une équerre formée de deux pièces perpendiculaires.
  4. [4] G. Canguilhem, op. cit., 1951, p. 209.
  5. [5] Dans ce roman, K. Dick montre comment en faisant appel à un algorithme pour la prise de décision concernant des administrations humaines, l’algorithme adaptatif (capable d’apprentissage) en vient nécessairement à imposer une idéologie politique à la société, une idéologie numérique incompréhensible pour l’homme.
  6. [6] Voir l’occurence « norme » du Tlfi, [En ligne], http://stella.atilf.fr/Dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=701898465
  7. [7] C’est d’ailleurs ce que nous comprenons lorsque nous mettons en perspective cet enseignement de Foucault avec ses différents écrits : la manière dont les biopouvoirs exercent leur force coercitive, en tant que déplacement de la loi à la norme; autrement dit de la définition d’un espace d’exercice de la liberté à une règle diffuse.
  8. [8] P. Falguières, op. cit., 2010
  9. [9] Ibid.
  10. [10] A. Masure, É. Brulé, « Le design de la recherche : normes et déplacements du doctorat en design », Paris, Puf, Sciences du design, no 1, p. 58-67, 2015.
  11. [11] F. Nietzsche, Par-delà le bien et le mal [1886], Paris, Folio-Gallimard, 1971, §267.
  12. [12] Pour Şerif la norme est une échelle de référence afin d’évaluer une marge de comportements, attitudes, opinions, etc., pour déterminer s’ils sont prescrits ou interdits. Pour lui, mais cela sera amplement critiqué par la suite par de nombreux chercheurs (dont les travaux de Newcomb & al. (1970), elle peut-être individuel ou collective.
  13. [13] Nous mettons le mot groupe entre guillemets pour rappeler au lecteur qu’ici nous sommes dans une comparaison des conceptions de Şerif au numérique, d’où l’utilisation du même vocable. Or, se pose la question de ce que serait un groupe au sein du numérique, ou tout simplement de l’existence d’un groupe du numérique.
Réel-Virtuel