Clip et nouvelles technologies. Archéologie d’une permanence

Julien Péquignot

Le clip (music video) entretient depuis ses origines un rapport étroit avec les nouvelles technologies, que cela soit en faits ou dans les discours qu’il suscite. En ce sens il permet de révéler une permanence – idéologique – de la pensée de la nouveauté, héritée de la modernité et indissociable de la pensée des objets symboliques intentionnels considérés comme propres à la société industrielle et aux objets culturels qu’elle produit.

Julien Péquignot est Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication (qualifications CNU : sections 18 arts, 19 sociologie et 71 information et communication). Il est ATER au Département Information et Communication de l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse et membre de l’Équipe Culture & Communication du Centre Norbert Elias (UMR 8562) CNRS – EHESS – UAPV – UPC – ENS Lyon. Ses recherches portent sur les cultures populaires audiovisuelles (musique, cinéma, télévision, Internet) et leurs discours.

Contact mail : julien.pequignot(at)gmail.com

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Information et communication - histoire culturelle - cultural studies - sociologie des arts et de la culture - étude des discours

Une continuité disruptive
La vision postmoderniste
Télévision et vidéo
L’informatique
L’approche Cultural et Film Studies
NTIC
Illusion d’optique
La fin de l’Histoire

Une continuité disruptive

Depuis bientôt quarante ans il est une forme qui cristallise en permanence, de manière sans cesse renouvelée, à la fois l’usage des nouvelles technologies et les discours qui les accompagnent. Cette forme, tantôt populaire, esthétique, commerciale, artistique, publicitaire, expérimentale, etc., c’est le clip musical (music video). Très souvent cité comme symbole des avancées techniques liées à l’apparition de la vidéo dans les années 1970 et des possibilités offertes par ses « nouvelles images », le clip semble intimement lié à l’évolution, à l’existence même, des nouvelles technologies (télévision, câble et satellite, informatique, numérique, Internet, Internet participatif, etc.). Le clip musical, du moins dans la forme actuelle à laquelle renvoie ce terme, peut donc se définir par la rupture continuelle, chaque « nouvelle technologie » oblitérant la précédente en tant qu’elle-même fut nouvelle, fut rupture. Comment expliquer une telle continuité disruptive ? Un parcours diachronique dans les évolutions technologiques et les discours liés au clip permettra de mettre en lumière et de questionner les processus qui procurent et abolissent le statut de nouvelle technologie tout en maintenant la notion opérante de façon continue.

La vision postmoderniste

Télévision et vidéo

Si l’histoire du clip peut avoir des origines diverses selon les auteurs, l’historiographie du clip commence, elle, il y a une quarantaine d’année. Elle est d’abord, et toujours, anglo-saxonne, le champ francophone se basant le plus souvent sur les travaux déjà effectués. Le mot anglais désignant le clip, ou clip musical, ou vidéoclip musical est music video. L’histoire du clip est donc celle du music video. Nous le verrons, nombreuses sont les approches diachroniques à proposer des antécédents au clip, des ancêtres ou des précurseurs tant par la forme, le style, le fonctionnement, la production, la diffusion, etc., mais qui jamais ne sont désignés par le terme music video. Il y a des promotional films, des Soundies, des Scopitones, des Telescriptions, des short musicals, etc., mais point de music video. Ainsi, le paramètre définitoire du clip tel qu’il existe aujourd’hui, le bornage de son histoire qui détermine un avant (sa proto ou préhistoire) et un après toujours d’actualité, est technologique : l’apparition et l’usage de la vidéo pour produire et diffuser à la télévision des bandes images accompagnant des chansons populaires dans un but de publicité. Plus précisément, les premiers travaux universitaires sur le sujet datant du début des années 1980, le terme music video renvoie alors toujours, explicitement ou implicitement, à la télévision musicale, en particulier MTV, dont la création date de 1981 [1]. Il y a là d’ailleurs une logique assez simple. Le principe de diffuser à la télévision des films accompagnant des chansons pour les promouvoir sans que l’artiste n’ait à se déplacer s’est généralisé progressivement depuis le milieu des années 1960 [2] jusqu’aux années 1970, d’autant plus facilement que l’apparition de la vidéo permet de les produire plus rapidement et à moindre coût [3]. La création de MTV, conséquence directe de l’essor de l’offre câblée et du succès d’émissions ou de tranches horaires dédiées aux clips [4], parce que la chaîne aura le succès qu’on connaît, impose alors au clip un lieu, un format, un style (y compris musical). C’est sur le résultat de ces processus que portent les travaux de John Fiske [5], E. Ann Kaplan [6] ou encore David Tetzlaff [7] qui sont ceux qui auront le plus d’influence par la suite [8]. Fortement marqués par la Théorie Critique via le prisme de la théorie postmoderne [9], ils se concentrent sur ce que le clip et MTV, en tant que symptômes exacerbés de l’appareillage télévisuel (televisual apparatus), révèlent de la société capitaliste de consommation de masse postmoderne. Le clip est le parangon d’une société – à commencer par sa jeunesse – mise à mal par les développements technologiques qui favorisent la domination délétère de l’ordre mercantile du capitalisme tardif [10]. Le monde qui a vu naître – et qui est tout à la fois produit par – le clip et MTV, ainsi que ces derniers, sont décrits en termes aussi apocalyptiques que pouvaient être enthousiastes les prophéties de Marshall McLuhan concernant le cool medium télévisuel [11]. En tant que nouvelles technologies, la vidéo, la télévision (câblée ou satellitaire et donc mondiale) et leur incarnation dans le clip, sont responsables d’une accentuation telle des méfaits décrits par Theodor Adorno ou Max Horkheimer qu’elles en viennent par contraste à anoblir les « nouvelles technologies » visées pourtant à l’époque par l’École de Francfort, comme le cinéma par exemple [12]. La vidéo et la télévision composent un nouvel arsenal technologique qui produit des simulacres de sens [13], dissimulant une machine à produire de la consommation à partir d’un désir sans cesse inassouvi [14].

L’informatique

Très vite, une autre nouvelle technologie va accroître encore la dimension illusoire, trompeuse et délétère de l’image proposée par le clip : l’informatique, des premiers outils graphiques à l’image de synthèse. Les premières utilisations marquantes, comme Sledgehammer [15] sont déjà condamnées par les postmodernistes anglo-saxons des années 1980 [16]. Plus de dix ans après, Laurent Jullier [17], qui s’appuie principalement sur ces auteurs et épouse la théorie postmoderniste (y compris ses racines francfortiennes), recense systématiquement les propriétés techniques de ces nouvelles images générées ou travaillées par ordinateur, qui les placent inéluctablement du côté du simulacre [18], de la manipulation cynique des masses à des fins mercantiles [19]. Ne traitant pas directement du clip mais du cinéma et plus largement de l’audiovisuel qu’il définit comme postmoderne (à partir de la fin des années 1970), l’auteur s’en sert néanmoins systématiquement comme exemple idéal, synthèse exacerbée de l’impact des innovations technologiques récentes qui, ici encore, sont à la fois symptôme et cause de l’effondrement néfaste des catégories et de l’ordre moderne [20]. L’art, l’humanisme, la pensée même, sont victimes de l’innovation technologique, bras armé de l’expansion inexorable du capitalisme incarné par la massification et l’industrialisation des productions et des pratiques culturelles, dont le clip serait le porte-étendard.

L’approche Cultural et Film Studies

Si Laurent Jullier [21] est si proche des positions des postmodernistes anglo-saxons des années 1980, c’est que le clip n’étant pas son sujet central, il n’utilise pratiquement pas les travaux postérieurs, issus des Cultural Studies, qui ont tendance à s’éloigner des positions postmodernistes, voire à les contester. Concernant la question de la technologie et le discours postmoderniste qui lui est attaché, deux tendances coexistent.

La première consiste à ne pas questionner directement l’innovation technologique en tant qu’appareillage ontologiquement néfaste ou bénéfique mais à démontrer que l’effet des objets produits n’est pas nécessairement négatif, ou encore que la mécanique même de la relation de cause à effet ne doit pas être tenue pour allant de soi, quel que soit le champ examiné (social, politique, économique, esthétique). Les travaux de Jody Berland [22], Will Straw [23], Lisa A. Lewis [24], Lawrence Grossberg [25], Carol Vernallis [26], Robert Walser [27] vont dans ce sens.

La deuxième tendance consiste à s’emparer de la question technologique mais en contestant sa valeur génétique concernant le clip. Ainsi Andrew Goodwin, dans son ouvrage référence [28], entreprend d’envisager le clip sous l’angle plus large de la synesthésie [29] afin de se dégager des considérations contingentes liées aux technologies récentes (au début des années 1990) et ainsi de contourner la critique postmoderniste [30]. L’auteur propose d’ailleurs à la fin de son ouvrage une chronologie (Music Television Time Line, p. 189-198), sans doute la première du genre, qui commence en 1921 avec Oskar Fischinger [31]. Il est à noter que la moitié des entrées de cette chronologie (qui se termine en 1991) n’est pas télévisuelle et que la moitié qui l’est n’est qu’au tiers consacrée à MTV. Le televisual apparatus tant décrié par les postmodernistes concernant le clip ne représente alors qu’un sixième de l’histoire, non pas même du clip, mais de la télévision musicale (Music Television). Quinze ans plus tard, Saul Austerlitz propose lui aussi une vision diachronique du clip qui entend se départir d’un conditionnement technologique [32]. Si son titre semble faire commencer le clip aux films des Beatles, il remonte, en fait, à l’instar d’Andrew Goodwin, jusqu’à Fischinger [33]. Son propos principal peut se résumer ainsi : ce que nous appelons clip aujourd’hui est une forme d’art total qui trouve ses racines dans les origines les plus nobles du cinéma. Son association – malheureuse – à la télévision, MTV en particulier, n’est que le résultat de conditions socio-économiques contingentes.

NTIC

L’auteur conclut d’ailleurs son ouvrage (en 2007) sur une note euphorique concernant les perspectives offertes par les nouvelles technologies que constituent l’informatique personnelle et l’Internet 2.0 dit participatif, promesse de véritable démocratie virtuelle et gage de liberté pour la forme artistique qu’est le clip, trop longtemps soumises aux impératifs technico-commerciaux [34]. Le même enthousiasme concernant le Web 2.0 est partagé par Dana Milstein [35] et Angelina Karpovitch [36]. Pour ces deux auteurs, l’Internet participatif lié aux possibilités de création domestique, en tant que nouvelle technologie, représente une révolution dans le sens où il permet, via en particulier le clip (de fans, d’amateurs, etc.), l’élaboration d’une culture égalitaire mondiale et l’accomplissement d’une forme d’art (l’association musique/image animée) jusque-là mise sous le boisseau d’une dictature télévisuelle (MTV) telle que les postmodernistes avaient pu la décrire. La divergence quant à la technologie avec les postmodernistes n’est pas tant ontologique que chronologique : l’Internet participatif résorbe toutes les tensions délétères exacerbées dans le passé par le complexe médiatico-industriel incarné par MTV. Avec Internet – YouTube – les individus sont directement mis en réseau, médiatés par le clip, forme complète et fonctionnelle, et peuvent court-circuiter l’emprise capitaliste sur l’art et la culture.

Illusion d’optique

On le voit grâce à ce rapide tour d’horizon des discours sur le clip liés à la pensée des nouvelles technologies, c’est un phénomène social – le succès du média télévisuel et la restructuration de l’industrie musicale en fonction – qui détermine l’importance, déplorée ou non, donnée à des nouvelles technologies particulières, à savoir l’alternative à l’argentique (vidéo et numérique) et l’Internet 2.0. En effet, et Andrew Goodwin et Saul Austerlitz l’entrevoient sans parvenir à se départir de l’héritage postmoderniste, il n’y a pas d’argument ontologique pour associer le principe du clip à l’ère initiée par l’apparition de la vidéo et son cortège de ce qui fut appelé « nouvelles images ». Ainsi Michel Chion propose des éléments de définition du clip qui permettent de dépasser cette aporie : « Audio-logo-visuel. Expression proposée à la place d’« audiovisuel », comme plus juste pour désigner celui-ci lorsqu’il inclut du langage sous forme écrite et/ou parlée, sachant que le langage échappe à la sphère seulement visuelle ou sonore. Ce terme rappelle que la situation est le plus souvent triangulaire, et non duelle : ainsi un vidéo-clip contient, non de l’image et de la musique, mais des paroles, de la musique, et des images. » [37] « […] ce qu’on nomme clips, c’est-à-dire n’importe quoi de visuel mis sur une chanson » [38]. Par ce fait, et c’est ce que le même auteur propose en partie dans un ouvrage ultérieur [39], une histoire du cinéma et de l’audiovisuel peut se faire en fonction des essais et innovations technologiques ayant pour but l’audio-logo-vision et se concrétisant très souvent en objets similaires au clip, que cela soit selon la définition des postmodernistes des années 1980, celle des Cultural Studies des années 1990 ou celle des contemporains enthousiastes de l’Internet des années 2000.

Ainsi peut-on citer le phono-cinéma-théâtre présenté en 1900, le Chronophone de Gaumont et ses fameuses Phonoscènes (1902-1917), les premiers films en Vitaphone à partir de 1926, puis les Soundies aux États-Unis (années 1940) et ensuite les Scopitones en France (fin des années 1950 – début des années 1970), mais aussi le travail de Fischinger (des Wax Experiments du début des années 1920 au Lumigraph des années 1950), les Impressions Cinégraphiques de Germaine Dulac (années 1930), les Cinéphonies de Vuillermoz (1935-1940), le Clavier à Lumières de Scriabine (1908-1910), le Piano Optophonique de Vladimir Baranoff Rossiné (1916), le Piano Chromatique d’Arthur C. Vinageras (1921), le Clavilux de Thomas Wilfred (1920-1930), les Telescriptions de George Snader (1950-1955), etc., et la liste ne peut être exhaustive. Il existe une solution de continuité des débuts du cinéma [40] jusqu’aux films de Lester pour les Beatles [41] ou au « clip » de Pennebaker pour Dylan [42] et ensuite la vidéo et le reste, dans laquelle s’entremêlent en permanence nouvelles technologies, parfois révolutionnaires (cinéma, son enregistré, synchronisation, amplification, couleur, effets spéciaux, animation, télévision, etc.), expérimentations esthétiques et impératifs commerciaux. Tous ces éléments se retrouvent ainsi régulièrement incarnés par des objets qui partagent souvent avec le clip – music video – dans son ensemble bien plus de paramètres que par exemple The Jean Genie et Thriller [43], pourtant censés relever de la même catégorie d’objet. C’est qu’on oublie trop souvent – car la notion de vidéo fait écran, stigmatise l’objet – que dès la fin des années 1970, les moyens arrivant et jusqu’au moins la fin des années 1990 lorsque la qualité du numérique eut véritablement progressé, l’immense majorité des music « video » n’est précisément pas de la vidéo, mais de l’argentique classique. Sa diffusion télévisuelle et son origine technologique – telle que construite par certains discours à un moment donné – a coûté au clip sa prétention au statut de film.

La fin de l’Histoire

« L’histoire, qui se place hors de groupes et au-dessus d’eux, n’hésite pas à introduire dans le courant des faits des divisions simples, et dont la place est fixée une fois pour toutes. […] Il semble qu’elle envisage chaque période comme un tout, indépendant en grande partie de celle qui précède et de celle qui suit, parce qu’elle a une œuvre, bonne, mauvaise, ou indifférente, à accomplir. […] que cette œuvre soit terminée, que de nouvelles tâches s’offrent ou s’imposent, à partir de ce moment les générations qui viennent se trouvent sur un autre versant que les précédentes. » [44]

Le cas du vidéo-clip étudié ici est symptomatique de deux phénomènes. Le premier est l’incontestable importance de la technologie, en tant que nouveauté, concernant la catégorisation et le statut des objets, à commencer par les objets symboliques intentionnels. Cette prégnance est signifiée dans le cas du music video par l’appellation même de l’objet. Celle-ci est assez puissante pour avoir eu valeur (et en fait avoir encore bien souvent) de définition au sens de description mais aussi de cloisonnement. Mais ce n’est pas tant l’importance de la nouveauté technologique qui joue principalement. On le constate aujourd’hui, MTV, ou la télévision dans son ensemble, ou les nouvelles images, ou le cinéma dit postmoderne n’ont pas ravagé la société, annihilé l’art ou aboli tout élan contestataire [45]. Et l’on peut raisonnablement douter que les nouvelles technologies actuelles remplissent toutes les attentes qu’elles suscitent. Après tout le village global a déjà été annoncé depuis un moment [46]. Car, et c’est là le deuxième phénomène, il est manifeste, à travers le cas du clip, que plus que les nouvelles technologies, c’est la pensée de la technologie et de l’innovation technologique qui est déterminante. Cette pensée, héritée de la modernité [47], appliquée aux objets symboliques intentionnels de la société industrielle par la Théorie Critique, est profondément téléologique [48]. La technologie devant être depuis lors la fin de la culture, de la civilisation, toute nouvelle technologie est oblitérée par la suivante qui devient la seule à être, à avoir jamais été, nouvelle. La position résolument optimiste de McLuhan ou d’Austerlitz n’est que le revers de la médaille d’une même posture intellectuelle, qui voit régulièrement à sa porte la fin d’un ancien monde et le commencement d’un nouveau, empressée qu’elle est d’en écrire l’histoire jusqu’au point final.

  1. [1] Si MTV ne sera visible en France qu’à partir de 1988, la référence jusque-là sera le Top 50 depuis 1984 (Antenne 2 puis Canal+) puis M6 à partir de 1988.
  2. [2] L’émission préenregistrée des Beatles le 23 février 1964 pour le Ed Sullivan Show pouvant être retenue comme date symbolique.
  3. [3] L’archétype est sans aucun doute The Jean Genie, chanson de David Bowie mise en image par le photographe Mick Rock. Pour un clip de quatre minutes, le tournage dura un jour (le 28 octobre 1972 à Los Angeles) avec un budget de 350 dollars.
  4. [4] Top of the Pops au Royaume-Uni dès 1964, Countdown en Australie de 1974 à 1987, ou encore America’s Top Ten aux États-Unis à partir de 1980.
  5. [5] J. Fiske, « Videoclippings », Australian Journal of Cultural Studies, Vol. 2, n°1, 1984 ; J. Fiske, « MTV : Post structural post modern », Journal of Communication Inquiry, Vol. 10, n°1, 1986.
  6. [6] E. A. Kaplan, Rocking Around the Clock, Music Television, Postmodernism & Consummer Culture, New York, Mentuen Inc., 1987.
  7. [7] D. J. Tetzlaff, « MTV and the Politics of Postmodern Pop », Journal of Communication Inquiry, vol. 10, n°1, 1986.
  8. [8] Surtout E. Ann Kaplan dont l’ouvrage Rocking Around the Clock est le plus ambitieux à l’époque et reste une référence encore aujourd’hui.
  9. [9] Lyotard bien sûr (J.-F. Lyotard, La condition postmoderne, Paris, Minuit, 1979) mais plus encore Huyssen (A. Huyssen, After the Great Divide. Modernism, Mass Culture, Postmodernism, Bloomington, Indianapolis, Indiana University Press, 1986) et surtout Jameson dont les travaux sont parfaitement contemporains (F. Jameson, « Postmodernism, or The Cultural Logic of Late Capitalism », New Left Review I/146, juillet-aout 1984, la somme de ses travaux de l’époque étant restituée dans F. Jameson, Postmodernism, or the logic of the late capitalism, New York, Duke University Press, 1991).
  10. [10] « More than much previous popular culture, MTV makes evident its address to adolescent desire, to the spectator’s imaginary repertoire, which now takes precedence over any obvious political stance toward dominant culture. […] This new consciousness is perhaps partly the result of the Cold War, nuclear technology, multinational corporate capitalism, star wars, advanced computer and other high tech developments, as well as, on a more mundane level, being produced by highly sophisticated new marketing strategies, building upon ever-increasing knowledge of psychological manipulation. In other words, MTV seems to embody what Jameson and others have been calling Postmodernism. » (Kaplan, op. cit., p. 7).
  11. [11] M. McLuhan, Understanding Media : The Extensions of Man, New York, McGraw Hill, 1964.
  12. [12] Ainsi le chapitre 3 de Rocking around the Clock  MTV and the avant-garde : the emergence of a postmodernist anti-aesthetic? », op. cit., p. 33-48) est consacré à mesurer l’écart, la rupture avec les codes de du cinéma classique (p. 33 sqq.) élevé au rang d’étalon. Ces codes sont autant les grands schèmes narratologiques, à savoir les liens de cause et d’effet, les rapports spatio-temporels, les relations de continuité, la notion de personnage, que des paramètres filmiques précis (champ/contre-champ, règle des 180 degrés, règle des 30 degrés, raccords regards, etc.).
  13. [13] « But, given Baudrillard’s conceptualizations above, we need to analyze how far these « alternate » positions in fact have anything behind them – any on-going alternate politics in the realm of the social formation. How far do the left/humanist positions have referents? How far are they, like much else on MTV, mere simulacra, with nothing behind, mere representations, images ? » (Ibid., p. 52, l’auteure souligne).
  14. [14] « It evokes a kind of hypnotic trance in which the spectator is suspended in a state of unsatisfied desire but forever under the illusion of imminent satisfaction through some kind of purchase. » (Ibid., p. 12, l’auteur souligne).
  15. [15] Sledgehammer, Peter Gabriel, 1986.
  16. [16] « Sledgehammer » is the history of art tossed into a shredder, with the resulting pieces reassembled into an ungainly but alluring new hybrid […] « Sledgehammer » was an eruption of the avant-garde onto MTV screens, but an avant-garde more interested in the wonders of montage on a major-label video budget than epater le bourgeoisie [sic]. » (Ibid., p. 56).
  17. [17] L. Jullier, L’écran post-moderne, Un cinéma de l’allusion et du feu d’artifice, Paris, L’Harmattan, 1997 ; L. Jullier, Cinéma et cognition, Paris, L’Harmattan, 2002.
  18. [18] « Hegel parle ainsi dans son Esthétique des objets peints comme de purs reflets de l’esprit [citation de Hegel]. Or le souci premier des concepteurs d’images 3D est de prévoir tous les regards possibles – c’est-à-dire de programmer l’enveloppe de l’objet dans sa totalité. […] Même si un peu de cosa mentale se glissait entre deux pixels, il est à craindre qu’elle n’irait pas bien loin : on a vu comment Walter Benjamin écrivait que la reproduction mécanique de l’œuvre d’art était fatale à l’aura, or il se trouve que l’image synthétisée numériquement est l’absolu parangon de la reproductibilité, en tant que la possibilité d’être dématérialisée à des fins de transport spatio-temporel est inscrite dans sa genèse même... » (L. Jullier, L’écran post-moderne, op. cit., p. 69-70).
  19. [19] « C’est aussi une façon de faire croire au retour de l’aléa évacué par le recours aux images de synthèse, une façon de faire croire qu’il peut encore se passer quelque chose d’imprévu devant la caméra […]. Dans un domaine marqué par l’obligation de la rentabilité comme l’est celui du clip cette attitude ne manque évidemment pas de se teinter d’un cynisme que le système du mécénat évitait à Man Ray » (Ibid., p. 128-129).
  20. [20] « La chaîne MTV constitue un inépuisable réservoir d’exemples pour illustrer le fait qu’à une plus large échelle, cet effacement de la parole est caractéristique de ces temps de « défaite de la pensée » (Ibid., p. 134).
  21. [21] Mais d’autres aussi à propos du clip, comme Marie-Thérèse Journot (M.-T. Journot, « L’esthétique publicitaire » dans le cinéma français des années 1980. La modernité en crise. Beineix, Besson, Carax, Paris, L’Harmattan, 2004) qui s’appuie d’ailleurs sur Laurent Jullier (p. 141).
  22. [22] J. Berland, « Sound, Image and Social Space : Music Video and Media Reconstruction », dans S. Frith, A. Goodwin, L. Grossberg (dir.), Sound & Vision, The Music Video Reader, Londres - New-York, Routledge, 1993, p 25-44.
  23. [23] W. Straw, « Popular Music and Postmodernism in the 1980's », dans S. Frith, A. Goodwin, L. Grossberg (dir.), ibid., p. 3-24.
  24. [24] L. A. Lewis, Gender Politics and MTV, Voicing the Difference, Philadelphia, Temple University Press, 1990.
  25. [25] L. Grossberg, « The Media Economy of Rock Culture : Cinema, Post-modernity and Authenticity », dans S. Frith, A. Goodwin, L. Grossberg (dir.), op. cit., p. 185-209.
  26. [26] C. Vernallis, Experiencing Music Video : Aesthetics and Cultural Context, New York, Columbia University Press, 2004.
  27. [27] R. Walser, « Forging Masculinity : Heavy-Metal Sounds and Images of Gender », dans S. Frith, A. Goodwin, L. Grossberg (dir.), op. cit., p. 153-181.
  28. [28] A. Goodwin, Dancing in the Distraction Factory : Music Television and Popular Culture, London, Routledge, 1993.
  29. [29] Chapitre 4 « A Musicology of the Image » (Goodwin, op. cit., p. 72-97).
  30. [30] Chapitre 7 « Aesthetics and Politics in Music Television. Postmodernism Reconsidered » (Ibid., p. 156-180).
  31. [31] « 1921 Oskar Von Fischinger begins making animated films synchronized to jazz and classical music, in Germany. » (Ibid., p. 189).
  32. [32] S. Austerlitz, Money fot Nothing. A History of the Music Video from the Beatles to the White Stripes, New York, The Continuum International Publishing Group Inc., 2007.
  33. [33] « Chapter 1 Music Video in Fugue » (Austerlitz, op. cit., p. 11-30).
  34. [34] « Shunned from their original home, music videos have found a new home practically everywhere; and having lost their initial function as television fodder, videos have become impressively cheap, flexible, and omnipresent. Rather than killing them off, the cable channels’ unceremonious dumping of music videos gave the form new life. If this book had been written two or three years ago, any closing thoughts on the future of the music video would have been pessimistic in nature. […] While it seems unlikely that the video's splashy cultural moment will ever return, or that big-budget, blockbuster videos will make a comeback, the music video is alive and well. […] Now, the worm [sic] has turned, and the music video has become a far more receptive medium for the little guys out there than for the superstars. The music video has rediscovered democracy, dispersed to the four winds of the Internet. » (Ibid., p. 221-222).

  35. [35] D. Milstein, « Case Study : Anime Music Videos », dans J. Sexton (dir.), Music, Sound and Multimedia. From the Live to the Virtual, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2007, p. 29-47.
  36. [36] A. I. Karpovitch, « Reframing Fan Videos », dans J. Sexton (dir.), ibid., p. 17-28.
  37. [37] M. Chion, l’Audio-vision, son et image au cinéma (1990), Paris, Nathan, 2000, 2e éd., p. 143.
  38. [38] Ibid., p. 139.
  39. [39] M. Chion, Un art sonore, le cinéma, histoire, esthétique, poétique, Paris, Cahiers du Cinéma, 2003 (éd. revue, refondue et augmentée).
  40. [40] Et même avant avec les song slides par exemple (années 1890).
  41. [41] Pour citer l’un des plus célèbres, A Hard Day's Night, Richard Lester, Royaume-Uni, 1964, 87 min, noir et blanc.
  42. [42] Subterranean Homesick Blues dans Don’t Look Back, Pennebaker D.A., États-Unis, 1967, 96 min, noir et blanc.
  43. [43] Thriller, Michael Jackson, Thriller, 1982. Le célèbre clip dure 13’42’’, contient plus de scènes bruitées et dialoguées que musicales, a été tourné en 35 mm. pour un budget de plus d’un demi-million de dollar...
  44. [44] M. Halbwachs, La mémoire collective, éd. critique établie par Gérard Namer, Paris, Albin Michel, 1997, p. 132-133.
  45. [45] « La « crise » du cinéma (ou plutôt de son commentaire) il y a vingt ans n’a pas duré très longtemps, mais elle a été intense. Nous étions persuadés, non que le cinéma allait disparaître, mais qu’il allait disparaître tel que nous le connaissions et l’avions aimé. L’image numérique arrivait, les Cassandre de la technologie galopante étaient écoutés. » J. Aumont, Moderne ?, Comment le cinéma est devenu le plus singulier des arts , Paris, Cahiers du Cinéma, 2007, p. 87.
  46. [46] M. McLuhan, Powers Bruce R., The Global Village, Transformations in World Life and Media in the 21th Century , New York, Oxford University Press, 1989.
  47. [47] A. Compagnon, Les cinq paradoxes de la modernité , Paris, Seuil, 1990.
  48. [48] « L’idée de modernité a l’inconvénient de contenir la notion du temps, donc l’idée d’une fin possible, et même inéluctable : modernité tardive, fin de la modernité, postmodernité. Elle oblige à une vision hégélienne de l’art. » J. Aumont, op. cit., p. 84.
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