En quête de nouvelles expériences : l’architecture et le virtuel

Eva Mahdalickova

Aujourd’hui, l’architecture doit affronter les nouveaux défis d’un univers où émergent les mondes virtuels. En recherchant l’union entre le virtuel et le réel, l’architecture ouvre de nouvelles dimensions et expérimentations de l’espace, transforme la façon dont les hommes habitent, et ainsi leur représentation du quotidien.

Doctorante en « Langue, littérature, image : civilisations et sciences humaines » à l’Université Paris VII - Denis Diderot. Rédige une thèse intitulée Sortir des limites : Une image de soi dans l’écriture moderne et l’expression architecturale contemporaine, sous la direction d’Evelyne Grossman. Publication en ligne : http://www.dossier-habitat.implications-philosophiques.org

Contacts mail : eva.mahdalickova(at)yahoo.fr

Architecture - Corps - Cyberespace - Dématérialisation - Espace liquide - Espace intelligent - Limite - Liquéfaction - Perception - Virtuel

Architecture, Philosophie, Littérature

Espace de séduction : entre réel et virtuel
Architecture liquide : vers un espace intelligent
Bâtiment comme un « corps vivant »

Nous évoluons dans une époque caractérisée par la fluidification des frontières entre le corps et la machine, l’extérieur et l’intérieur, le réel et le virtuel. De même, l’architecture semble suivre ce mouvement en offrant à l’individu une toute nouvelle interactivité avec son environnement. L’architecture interactive transforme la façon dont les hommes habitent l’espace et, par là, elle transforme leur représentation du quotidien.

Face au développement exponentiel du virtuel, l’architecture, art de la fondation reposant sur un travail matériel, doit affronter les nouveaux défis d’un monde où le morcellement et l’effacement de la matière progressent. En ce sens, la métamorphose de l’architecture est d’autant plus radicale qu’il apparaît que les espaces virtuels imprègnent désormais le quotidien. L’architecture inclut cette dimension éphémère et devient de plus en plus immatérielle. L’attention n’est plus concentrée sur la matière, sur la statique, mais sur l’interactivité, sur les possibilités nouvelles que l’espace peut offrir. L’architecture de l’interactivité, où l’habitant est co-créateur de l’espace, prend en compte les espaces virtuels, et par là enrichit l’expérience de la vie quotidienne qui peut être associée à la monotonie. En explorant les notions de virtuel et d’interactivité à travers les créations de Jean Nouvel, Marcos Novak et Nox, nous essayerons de comprendre quels sont les enjeux de ce nouveau rapport entre l’homme et l’espace.

Espace de séduction : entre réel et virtuel

Dans notre époque, où la quête de l’immatérialité s’est accélérée, les mutations de l’architecture transforment l’édifice en outil de projection, en dispositif flexible, en mouvement. Nous sommes pris dans un jeu, où il faut « lire » en profondeur, déchiffrer ce que nous voyons. Ce sont les bases sur lesquelles s’articule l’architecture de Jean Nouvel. La Tour sans fin de La Défense (1989), projet non réalisé, montre sa propre disparition. Chaque élément est conçu comme s’il devait se dissoudre dans la distance. La Tour s’évanouit et disparaît sous la coupole de verre qui la couronne. Sa présence ressort sur l’arrière-plan de sa possible absence : les vibrations ondulatoires indéfinies créent des effets de distorsions et d’évanescence, l’impression d’une vision double ou trouble qui déstabilise sa forme close. L’idée deleuzienne que « tout actuel s’entoure d’un brouillard d’images virtuelles [1] » peut-elle s’appliquer à cette expérience architecturale ?

Un bâtiment qui rend sa propre disparition peut être comparé à un livre dont nous devons effacer les mots pour rendre la pluralité du vide. Basés sur ce principe, les édifices de Nouvel traduisent une multiplicité de sens et jouent sur les effets du virtuel au sens que lui donne Deleuze. Contrairement à la possibilité de quelque chose qui peut se réaliser, pour Deleuze, la virtualité est toujours réelle. Il y a toujours « oscillation, perpétuel échange entre l’objet actuel et son image virtuelle : l’image virtuelle ne cesse de devenir actuelle [2] ». Deleuze conçoit la virtualité en termes de multiplicité, elle s’actualise à travers la divergence [3]. Autrement dit, une présence actuelle est toujours liée à des images virtuelles. Des forces virtuelles chargent la réalité présente. C’est ce qu’indique l’architecte Lars Spuybroek (Nox) : « Le virtuel n’est pas un monde parallèle qui existe de l’autre côté de réalité, mais quelque chose qui charge continuellement le présent [4] ». Selon ces conceptions, le virtuel serait une force (virtus en latin signifie la puissance, la potentialité) au sein de la réalité.

En faisant allusion à cette dimension du virtuel, l’architecture crée un espace ambigu générant des interactions et des transmutations. En ceci, la Fondation Cartier de Nouvel est une construction remarquable, rappelant qu’elle est née d’une totale virtualité. Les reflets sans fin produisent des façades virtuelles et ouvrent le site à une dimension de l’espace qui n’appartient pas à sa réalité physique. A la Fondation Cartier, le visiteur ne sait jamais s’il voit le ciel ou le reflet du ciel. En effet, il voit les deux. L’ambigüité, le jeu d’apparences multiples introduisent « une relation duelle » dans l’architecture. Un objet réussi, écrit Baudrillard, « crée une relation duelle, une relation qui peut passer par du détournement, de la contradiction, de la déstabilisation, mais qui effectivement, met face à face la prétendue réalité du monde et son illusion radicale [5] ». Une architecture réussie impliquerait un espace ambigu, qui n’est pas lisible, mais qui se déchiffre en profondeur : l’espace de séduction. L’intérêt est de créer un espace qui excède la maîtrise, qui nous séduit ; un espace qui laisse place à la surprise et à la découverte.

L’architecture participe ainsi à cette dématérialisation et déstabilisation générale de notre condition contemporaine : à ses situations fluctuantes, à la coexistence de l’immatériel et du matériel. Des architectes comme Nouvel opèrent constamment cette déstabilisation expérimentale. Il s’agit de s’affranchir de la fatalité du solide et de la stabilité pour s’engager dans la fragilité de l’instable et de l’incertain. Selon Nouvel, « créer un espace virtuel ou un espace mental, c’est une façon d’abuser les sens [6] ». Et pour Baudrillard, « il faut faire en sorte que les choses qui se croient identiques à elles-mêmes ou les gens qui croient s’identifier à leur propre personnage, à leur propre génie, seront détournés, déstabilisés, séduits [7] ». Il s’agit de déstabiliser l’image trop parfaite que l’on se fait de soi et d’introduire la notion de soi en aliénation, en constante découverte. Autrement dit, il s’agit de chercher les points de fuite de la pensée figée.

Interroger le réel, c’est ouvrir les voies que les représentations courantes excluent. C’est-à-dire être sensible à toutes ces impressions fragmentaires et fugitives, aux situations fluctuantes de l’univers contemporain. C’est peut-être par là qu’on échappe à la monotonie, aux habitudes qui s’installent dans l’espace du quotidien.

Il faudrait maintenant assumer l’ambivalence de cette nouvelle réalité, où l’instant présent nous transporte ailleurs, maîtriser la complexité des limites. En termes architecturaux, le virtuel offre l’apparition d’un autre espace libre qui nous échappe. La virtualité dans l’espace fait allusion à quelque chose qui n’est pas donné à la vue. Tandis que le quotidien, figé par l’habitude, réduit toute la complexité de l’espace, le virtuel la restitue, dans son intensité profonde. L’architecture qui recourt au virtuel fait basculer nos perceptions spatiales et changer le point de vue habituel, et nous permet ainsi d’expérimenter l’altérité. L’architecture apparaît alors comme un monde qui invite à de constantes découvertes.

L’architecture liquide : vers un espace intelligent

Marcos Novak développe une conception d’un nouvel espace hybride. « L’espace, écrit Novak, n’est plus innocent. Sous l’impact de la science et de la technologie, l’espace est devenu un sous produit d’un "espace nouveau" et composite où s’entremêlent le local, le lointain, le téléprésent, l’interactif, le virtuel [8] ». Tel est le centre d’intérêt de l’exploration de Marcos Novak qui conçoit l’architecture pour l’espace virtuel, le cyberespace et les changements qu'il apporte. « À l’immersion dans des environnements virtuels, simulés, Novak répond par "l’éversion" qui retourne la logique du virtuel en cherchant à la projeter sur l’espace du quotidien [9] ». Il s’agit d’appliquer à la réalité physique les notions du cyberespace et de créer un nouveau continuum fondé sur le paradigme numérique : « Il s’agit cette fois de transposer à l’échelle humaine cet habitat invisible et inhabitable. La déclinaison des matériaux peut s’adapter à toutes les modalités : son, image, espace, forme, comportement [10] ».

Dans la conception de Novak, le cyberespace est liquide. Il entend par là une variabilité pilotée par des déplacements de données dans le cyberspace, qui peuvent se traduire dans le monde physique. Ainsi, en utilisant les algorithmes pour composer la musique, il crée la symphonie de l’espace : l’architecture liquide. Il s’agit d’une symphonie toute particulière : « Dans sa pleine expression, une architecture liquide est […] une symphonie d’espace, mais une symphonie qui ne se répète jamais et qui continue à se développer [11]. » L’architecture, vue comme une symphonie de l’espace, ne se révèle jamais complètement et continue de changer, tout comme notre corps ou notre identité. Elle est comme un prolongement de notre corps, comme l’indique Novak : « Si l’architecture est une extension de nos corps, un abri et un acteur pour le moi fragile, une architecture liquide est ce moi en train de devenir son propre abri changeant. Comme nous, elle a une identité; mais cette identité n’est révélée pleinement qu’au cours de sa vie [12] ».

Qu’est-ce donc que cette architecture liquide qui se développe au cours de la vie comme un être humain ? S’agit-il d’une l’architecture qui réagit à notre présence, qui se nourrit de nous ? La « symphonie de l’espace » peut évoquer « un continuum comme un murmure, qui ne finit pas, semblable à la vie, qui est ce qui nous continue [13] », pour citer Henri Michaux. L’espace créé par Novak nous accueille et nous entraîne dans ses viscères où le réel et le virtuel interagissent : « L’architecture liquide est une architecture qui respire, qui bat, qui saute comme une forme et se pose comme une autre […] c'est une architecture qui s’ouvre pour vous accueillir et se clôt pour vous défendre; c'est une architecture sans portes et vestibules, où la pièce suivante est toujours là où elle doit être et telle qu’elle doit être. C'est une architecture qui danse ou bat, devient tranquille ou agitée [14] ». Il s’agit d’une architecture qui est à notre mesure, à notre corps, qui est notre peau : un espace qui nous accueille. Michaux écrit : «Je recevais le ciel et le ciel me recevait […].Contempler, c'est être reçu […]. Simultanément, j'étais dans une expansion extraordinaire. L’espace m'espacifiait [15] ».

L’espace actif qui établit un véritable contact, voilà l’idée qui fascine Novak : un environnement intelligent. Pour expliquer ce qu’il entend par là, Novak prend l’exemple d’un paragraphe intelligent : « Un paragraphe intelligent serait comme un lecteur intelligent, réinterprétant constamment l’ensemble du texte avec chaque nouveau mot qui est donné. Chaque nouvel ajout au texte changerait un certain nombre de modèles internes, hypothétiques de ce que le paragraphe et le texte entier pourraient signifier. Cet acte de réinterprétation constante serait un acte projectif, c’est-à-dire qu’il ne s’agirait pas de la correspondance avec 'la vérité' de l’écriture, qui est de toute façon absente ou suspecte, mais de la construction de plusieurs 'vérités possibles’ basées sur autant de contextes que possible [16] ». Imaginons la nature et les potentialités d’un tel environnement, où le virtuel est projeté sur l’espace quotidien. Imaginons un monde où la seule limitation est l’imagination humaine. On parle d’un espace dont les limites ne sont pas les frontières physiques, mais nos capacités sensorielles, car l’espace est, dans sa virtualité, sans limite.

Bâtiment comme un « corps vivant »

La conception de Novak inspire d’autres architectes qui tentent de construire sur ces nouvelles bases une architecture liquide interactive. Une des premières architectures interactives, Pavillon de l’eau douce (1997), imaginée par Nox [17] aux Pays-Bas, est une architecture transformée en flux d’informations, qui revendique sa métamorphose continue. Les projections d’eau, de lumière, interagissent avec les visiteurs, et exposent un monde en liquéfaction. Ainsi, Pavillon de l’eau douce est une incarnation physique d’architecture liquide dans laquelle le mur, le sol et le plafond se fondent en un territoire sans frontière. C’est un lieu qui force les individus à réagir, ceux-ci se retrouvant dans un espace déformé. A l’intérieur du bâtiment, qui est sans sol horizontal, marcher s’apparente à tomber, tout repère orthogonal ayant disparu. Souhaitant dissoudre tout ce qui est solide et cristallin, les propositions de Nox provoquent des expériences déstabilisantes. Dans une fusion simultanée des murs, du sol et du plafond, le corps-architecture se déploie dans un effet de vague qui absorbe le territoire.

Nox vise une fusion dynamique du corps, de l’environnement et de la technologie. L’environnement du Pavillon réagit de manière interactive aux visiteurs grâce à toute une gamme de capteurs qui enregistrent la reconfiguration du corps humain. Le Pavillon devient l’interface d’une organisation active de l’espace où le visiteur agit sur une architecture qui réagit. Cette dernière est étroitement liée à la mobilité de l’occupant, à sa vitesse et à ses mouvements ; le rythme de ses déplacements affecte la forme du bâtiment, qui, en retour, active le corps dans un dialogue permanent.

Ainsi, Nox développe les possibilités d’un espace architectural interactif, où le corps fusionne avec la technologie : « L’identité architecturale s’évapore, l’âme du corps naturel s’est aisément déplacée dans une mutation bio-technique [18] ». L’objectif est de confronter le mouvement du corps à une architecture qui s’est constituée à travers le mouvement. Ces architectures au corps affirment la perméabilité entre le sujet et l’espace, où le corps se manifeste en tant qu’« entrelacs de vision et de mouvement [19] ». Nous pouvons y voir un rapprochement avec la conception de la « chair » chez Merleau-Ponty, qui met en évidence la réciprocité et l’entrelacement du corps et du monde.

Les projets de Nox brisent les frontières du bâti conventionnel et deviennent emblématiques d’une architecture liquide, définie par Novak, qui reflète notre monde fluctuant. Il s’agit littérairement de liquéfier les frontières, de dissimuler les contraires. Assez proche de la pensée de Nox, Kas Oosterhuis [20] propose une enveloppe flexible dans laquelle la présentation continue des images changeantes crée un type d’espace transformant notre relation avec l’architecture. Ce nouveau type d’architecture suggère une forme de bâtiment d’une présence hybride, à la fois virtuelle et physique. L’architecture n’est plus un objet, mais un champ cognitif. Elle peut se transformer en système complexe vivant, dynamique, intelligent, capable de transformations inhérentes. Il s’agit d’un organisme mutant qui interagit avec son contexte.

Cela permet d’abandonner l’idée d’une architecture comme lieu, pour nous la faire plutôt éprouver comme un médium dans lequel l’espace n’est plus fixé. Ainsi, le bâtiment devient sauvage, un corps vivant ou un hypercorps capable de changer de forme et de contenu. Le concept de hypercorps pourrait introduire un changement radical en ce qui concerne nos habitudes de séjourner dans une maison. Nous avons l’habitude d’être enveloppé par des murs solides, dans le quotidien, où rien ne peut nous surprendre. À la place de cette enveloppe calme et solide, Oosterhuis propose une enveloppe mutante, qui serait comme un prolongement particulier de notre corps, qui aurait néanmoins sa vie. Autrement dit, il ne va pas forcement suivre notre volonté ; il aura besoin de nos mouvements seulement pour nourrir les siens.

Ces espaces peuvent en fin de compte paraître assez angoissants, car on peut avoir l’impression d’être dirigé, ou même vécu par ces hypercorps. Rentrés dans les viscères de ces espaces, épargnés de notre personnalité, est-ce toujours nous qui vivons dans la maison, ou est-ce la maison qui prend notre place, qui se nourrit de nous, qui nous vit ? Peut-elle nous dévorer de la même façon que les mots dévorent le lecteur dans Thomas l’Obscur ? Blanchot nous montre qu’il est trompeur de croire les mots passifs envers un lecteur. Ce n’est pas Thomas qui regarde les mots, au contraire, ce sont les mots qui regardent Thomas : « L’un et l’autre se regardaient […] il aperçut toute l’étrangeté qu’il y avait à être observé par un mot comme par un être vivant […] les mots s’emparaient de lui et commençaient de le lire […] il entra avec son corps vivant dans les formes anonymes des mots, leur donnant sa substance, formant leurs rapports, offrant au mot être son être [21] ». Nous pouvons parler d’un engloutissement par le texte; Thomas est dévoré par les mots. Cet extrait de Thomas l’Obscur de Blanchot évoque le paragraphe intelligent de Novak : les mots qui vivent comme un être humain, qui changent sous nos yeux et qui exercent un pouvoir sur nous... N’est-ce pas dans ce sens qu’on peut lire un « environnement intelligent » ?

Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation de dislocation du monde, de l’espace et de l’identité. Nous allons toujours plus loin pour dépasser les limites. Tout cela change notre perception de l’espace, ainsi que de la vie quotidienne. L’architecture du virtuel et de l’interactivité introduit une découverte et une ouverture sur d’autres mondes et, par là, lutte contre l’habitude du quotidien.

Cependant, les mondes virtuels conduisent à la dématérialisation du monde et du corps réels à travers l’« éternelle présentation d’un voyage sans déplacement, d’un trajet sur place [22] », écrit Paul Virilio. Derrière cette question de l’espace virtuel, Virilio voit la perte de la ville réelle : « à cause des technologies, nous sommes en train de perdre le corps propre, au profit du corps spectral, et le monde propre au profit d’un monde virtuel [23]. » La réalité virtuelle se présente comme la réalité de substitution : « la réalité sans gravité d’un espace cybernétique [24] ». Dans ce contexte, on peut légitimement se demander quels sont les enjeux d’une telle transgression des limites. En sortant de la monotonie du quotidien, se libère-t-on de l’espace oppressant ou se précipite-t-on dans un monde sans limite, dans un cybermonde conduisant au déclin de la présence physique ? Où se trouve la dernière frontière du corps ? Faut-il la dépasser ?

  1. [1] G. Deleuze, C. Parnet, Dialogues, Paris, Flammarion, 1977, p. 179.
  2. [2] Ibid., 183.
  3. [3] Voir G. Deleuze, Différence et répétition, Paris, PUF, 1993, p. 269-276.
  4. [4] « The virtual is not a parallel world that exists on the other side of reality but something that continually charges up the present ». P. Zellner, Hybrid Space. New forms in digital architecture, London, Thames et Hudson, 1999, p. 125.
  5. [5] J. Baudrillard, J. Nouvel, Objets singuliers, Paris, Calmann-Lévy, 2000, p. 22. [Je souligne.]
  6. [6] Ibid., p. 20.
  7. [7] Ibid., p. 25.
  8. [8] Marcos Novak, « ZeichenBau : Virtualités réelles », http://www.archilab.org/public/2000/ catalog/novak/novakfr.htm (consulté le 11 aout 2010).
  9. [9] F. Nantois, « Marcos Novak ».
  10. [10] Ibid.
  11. [11] « At its fullest expression a liquid architecture is […] a symphony of space, but a symphony that never repeats and continues to develop. » M. Novak, « Liquid Architectures in Cyberspace », http://www.zakros.com/ liquidarchitecture/ liquidarchitecture.html (consulté le 11 août 2010).
  12. [12] « If architecture is an extension of our bodies, shelter and actor for the fragile self, a liquid architecture is that self in the act of becoming its own changing shelter. Like us, it has an identity; but this identity is only revealed fully during the course of its lifetime ». Ibid. [Je souligne.]
  13. [13] H. Michaux, Émergences, résurgences, in Œuvres complètes III, Paris, Gallimard, 1962, p. 546.
  14. [14] « Liquid architecture is an architecture that breathes, pulses, leaps as one form and lands as another […] it is an architecture that opens to welcome you and closes to defend you ; it is an architecture without doors and hallways, where the next room is always where it needs to be and what it needs to be. It is an architecture that dances or pulsates, becomes tranquil or agitated ». M. Novak, « Liquid Architectures in Cyberspace », op. cit.
  15. [15] H. Michaux, « Les Grandes épreuves de l’esprit », Oeuvres complètes III, op. cit., p. 376.
  16. [16] « An intelligent paragraph would be like an intelligent reader, constantly reinterpreting the whole text with each new word that is given. Each new addition to the text would alter a number of internal, hypothetical models of what the paragraph and the entire text might mean. This act of constant reinterpretation would be a projective act, which is to say it would be less about correspondence with the 'truth' of the writing, which is in any case absent or suspect, and more about constructing several 'possible truths’ based on as much context as was available to it ». K. Mork, « Interview with Marcos Novak », 1995, http://www.altx.com/ int2/marcos.novak.html (consulté le 11 août 2010).
  17. [17] L. Spuybroek, Nox, machining architecture, Londres, Thames & Hudson, 2004.
  18. [18] « Architectural identity evaporates, the soul of natural body has effortlessly moved into a bio-technical mutation ». P. Zellner, op. cit., p. 114.
  19. [19] M. Merleau-Ponty, L’Œil et l’Esprit, Paris, Gallimard, 1973, p. 16.
  20. [20] K. Oosterhuis, Hyperbodies, Toward an E-motive Architecture, Bâle, Birkhäuser, 2003.
  21. [21] M. Blanchot, Thomas l’Obscur, Paris, Gallimard, 1992, p. 27-28.
  22. [22] P. Virilio, Ville panique : Ailleurs commence ici, Paris, Galilée, 2004, p. 122.
  23. [23] P. Virilio, Cybermonde. La politique du pire, Paris, Textuel, 1996, p. 49.
  24. [24] Ibid., p. 139.
Réel - Virtuel